Sécurité sur les chantiers : comment mieux prévenir les risques liés à la coactivité ?
Sur un chantier, plusieurs entreprises peuvent être amenées à intervenir simultanément ou successivement. Maçons, électriciens, couvreurs, conducteurs d’engins ou encore entreprises de second œuvre partagent alors un même environnement de travail. Cette situation, appelée coactivité, peut créer des risques supplémentaires lorsque les interventions des différents professionnels se croisent ou interfèrent.
La prévention ne consiste donc pas uniquement à sécuriser chaque métier individuellement. Elle nécessite également d’anticiper les interactions entre les différents acteurs présents sur le chantier.
Identifier les risques créés par les interventions simultanées
Une tâche qui présente peu de risques lorsqu’elle est réalisée isolément peut devenir plus dangereuse lorsqu’une autre activité se déroule à proximité. La circulation d’un engin près d’une zone piétonne, des travaux effectués en hauteur au-dessus d’autres intervenants ou le stockage de matériel dans une zone de passage en sont des exemples.
La première étape consiste donc à identifier les opérations susceptibles d’interagir. Le calendrier du chantier, les zones de circulation, les accès, les équipements utilisés et les différentes phases de travaux doivent être pris en compte.
Cette anticipation permet d’éviter que les mesures de prévention mises en place par une entreprise soient rendues inefficaces par l’intervention d’une autre.
Organiser et coordonner les différentes interventions
Une bonne prévention de la coactivité repose en grande partie sur l’organisation. Les entreprises doivent savoir qui intervient, à quel endroit et pendant quelle période.
Lorsque plusieurs entrepreneurs ou travailleurs indépendants interviennent sur certaines opérations de bâtiment, la coordination en matière de sécurité et de protection de la santé (SPS) joue notamment un rôle dans la prévention des risques résultant de leurs interventions simultanées ou successives. Elle contribue également à prévoir, lorsque cela est nécessaire, l’utilisation de moyens communs sur le chantier.
La planification permet ainsi d’éviter certaines situations dangereuses en séparant des opérations incompatibles, en organisant les circulations ou en définissant des espaces de travail adaptés.
Favoriser la communication entre les professionnels
Même une organisation soigneusement préparée peut perdre en efficacité si l’information ne circule pas correctement. Les équipes doivent connaître les risques présents sur le chantier, mais aussi être informées des évolutions susceptibles de modifier leurs conditions d’intervention.
Une nouvelle entreprise, un changement de planning ou une modification d’une zone de circulation peuvent avoir des conséquences sur plusieurs corps de métier.
Réunions de chantier, consignes accessibles et échanges entre responsables permettent de partager les informations nécessaires. Chaque intervenant doit également être en mesure de signaler une situation dangereuse ou un changement pouvant affecter les autres professionnels.
Faire de la prévention une démarche évolutive
Un chantier se transforme continuellement. Les risques présents lors des premières phases ne sont pas nécessairement ceux rencontrés quelques semaines plus tard. La prévention de la coactivité doit donc suivre cette évolution.
L’observation du terrain permet de vérifier que les mesures prévues restent adaptées et de les ajuster lorsque les conditions changent. Cette vigilance concerne aussi bien l’organisation des travaux que les protections collectives, les accès ou la circulation des personnes et des équipements.
Prévenir efficacement les risques liés à la coactivité repose ainsi sur trois principes complémentaires : anticiper les interactions, coordonner les interventions et maintenir une communication régulière entre les différents acteurs du chantier.
Cet article est une contribution libre rédigée par un auteur partenaire et non par la société elle-même.
